Sa pratique est quotidienne et sa consommation parfois excessive, voire nocive. L’usage du mail va crescendo et nombreux sont ceux qui en sont accros, pris dans un état de veille permanent. Largement plébiscitée, la messagerie demeure le « canal historique » préféré des salariés en entreprise. En cause ? L’explosion digitale, l’omniprésence du smartphone, la maîtrise des flux d’information, le pouvoir d’exister… ou le besoin d’exister ?

 

Bien avant les SMS, les apps, les chats et les réseaux sociaux, la messagerie électronique annonçait une révolution des usages. Près d’un demi-siècle plus tard, le mail poursuit sa régulière progression parmi les pratiques numériques. Environ 269 milliards de mails ont été envoyés et reçus chaque jour en 2017 par la moitié de la population mondiale. Un chiffre qui devrait dépasser 300 milliards en 2020 (1). Et que dire des cadres français qui consacrent en moyenne 5h30 par jour à la consultation de leurs mails, pour les lire, les transférer, y répondre, les trier ou les supprimer (2).

 

Hyperconnexion, surconsommation… aliénation !

De la couette à la salle de bain, du petit déjeuner aux transports en commun, en réunion ou au bord de la piscine, les Français parviennent difficilement à se déconnecter de leur environnement professionnel. Qui n’a pas interrompu séance tenante une conversation ou un travail de réflexion pour assouvir le besoin irrépressible de consulter sa boîte de réception ? Qui n’a pas maudit la faiblesse ou l’absence de réseau dans un tunnel ou lors d’un week-end à la campagne ? Car la dépendance au mail se vit aussi en dehors des heures de travail. La convergence digitale est passée par là, entre tablettes et smartphones, portée par l’internet au bureau, la 4G dans la rue et le wifi à la maison. De quoi abolir les frontières entre vie professionnelle et espaces privés et rendre l’accès au mail permanent et sa consultation massive.

 

Vers une meilleure utilisation des outils numériques

Action productive et gain de temps ou usage abusif et effets néfastes ? Etre accro aux mails permet certes de piloter son activité en temps réel. Mais en être dépendant et vivre le moment présent dans l’attente du suivant peut produire son lot de frustration et de déconcentration. Outre la perte de temps et de productivité, le fait de rester rivé sur sa boîte de réception peut devenir une source de stress, porteuse de risques pour la santé au travail.

Peut se poser alors la question du droit à la déconnexion, inscrit dans le Code du travail depuis janvier 2017. Il incite les entreprises à promouvoir les bonnes pratiques en matière d’utilisation des outils numériques au-delà des temps professionnels. La prise de conscience est devenue un principe, aujourd’hui reconnu, qui autorise la mise en place de dispositifs dans les entreprises même si, du côté des salariés, rien dans la loi n’oblige vraiment les accros du mail à décrocher.

 

(1) Source : Statista 2018

(2) Source : Etude d’Adobe auprès de 1 600 cadres en France, au Royaume-Uni et Allemagne (2015)

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