Si les engagements sont prometteurs, la réalité est bien moins optimiste. Notamment dans les zones isolées où la promesse d’un Très Haut Débit reste fragile.

Le Très Haut Débit « pour tous »

Lancé au printemps 2013, le Plan France Très Haut Débit, qui succède au Programme National Très Haut Débit datant de 2010, vise à couvrir l’intégralité du territoire (logements, entreprises et administrations) en très haut débit d’ici 2022, dont 50% en 2017.

L’objectif : lutter contre la fracture numérique, en généralisant l’accès aux usages liés au très haut débit, y compris dans les zones géographiques à faible densité, souvent délaissées par les opérateurs nationaux car peu rentables. Pour ces zones dites « blanches », le très haut débit constitue un facteur clé d’attractivité économique, en favorisant notamment l’implantation d’entreprises. A l’échelle nationale, c’est la garantie d’une meilleure qualité de services pour tous les acteurs de l’économie, publics comme privés.

Deux mécaniques de déploiement pour généraliser la fibre optique

Le Plan France THD préconise en priorité le déploiement de la fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH), qui doit, à terme, couvrir 80% du territoire. Dans la pratique, compte tenu des coûts d’installation des réseaux FttH, il propose deux mécaniques de déploiement. Dans les moyennes et grandes agglomérations, immédiatement rentables, les opérateurs privés peuvent déployer directement les réseaux FttH. Tandis que dans les zones moins denses, c’est aux collectivités territoriales que revient la création de réseaux d’initiative publique (RIP), dont elles peuvent prendre en charge ou sous-traiter l’exploitation.

Dans ce second cas de figure, le Plan France THD évoque la possibilité d’un « mix technologique », permettant de « monter en débit » en mobilisant plusieurs types de réseaux : VDSL2 (qui exploite les lignes ADSL existantes), satellite, 4G ou encore Wimax. L’objectif restant, à terme, de migrer progressivement vers des réseaux FttH, tout en minimisant les coûts de déploiement à court terme.

Difficultés technologiques et incertitudes dans les zones isolées

Si l’objectif de 50% fixé à 2017 semble atteignable, l’échéance de 2022 apparaît, quant à elle, quelque peu optimiste. En particulier dans les zones à faible densité qui semblent, une fois de plus, laissées pour compte. Selon un rapport du Sénat publié à l’automne 2015, sur les 3 milliards d’euros de subventions promis pour soutenir les projets des collectivités territoriales, seuls 34 millions d’euros ont été effectivement décaissés par l’État.

D’autre part, les technologies retenues pour la “montée en débit” sont loin de faire l’unanimité. Le VDSL2, qui peut certes apporter jusqu’à 100 Mb/s en téléchargement, n’a qu’une portée de 1,5km autour du répartiteur, ce qui est bien trop peu pour couvrir des zones reculées. Tandis que le Wimax et l’Internet par satellite sont connus pour leurs latences et leur faible débit.

Les infrastructures prévues semblent donc insuffisantes pour garantir une couverture à 100% en très haut débit à l’échéance promise par les pouvoirs publics. Et si les collectivités territoriales multiplient les projets de RIP, leurs prévisions à moyen terme restent floues. Selon le CEREMA, seul un projet sur dix a prévu de couvrir plus de 90% des foyers en fibre.

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