L’éducation, la formation, l’apprentissage, sont de grands enjeux nationaux dont le renouveau  passe  par l’intégration pleine et entière du numérique dans les usages. Fer de lance de la Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le numérique est une ambition nationale qui prend sa source au niveau Européen et se décline jusqu’au niveau local, tout en s’enrichissant des multiples va-et-vient entre les différents échelons.

L’Europe, facilitateur d’innovation et d’unité

C’est à partir du processus de Bologne, amorcé en 1998, que l’enseignement supérieur, et à travers lui, tout le système éducatif européen, ont été profondément modifiés. L’originalité du processus tient au fait qu’il repose sur la coopération des Etats membres, en soutien au principe de subsidiarité, laissant aux Etats l’appréciation de leur système d’enseignement. Ce processus a abouti avec une étonnante facilité à une importante réforme de l’enseignement supérieur (réforme LMD, european credits transfer system…) en 2004.

L’implication massive des acteurs de l’enseignement eux-mêmes (conférences des recteurs, des présidents d’universités, groupes d’experts et d’universitaires, association des universités d’Europe, ESIB, EURASHE… ) est une des raisons majeures de cette réussite.

L’Europe s’est positionnée rapidement comme l’entité facilitateur, en réponse aux besoins identifiés mais non comme producteur de normes. A ce titre, elle favorise la coopération, complète l’action des Etats et encourage l’émergence de pratiques innovantes. Ce cycle vertueux ainsi créé a permis de dégager de nouveaux axes de coopération. A commencer par la stratégie numérique dans l’enseignement.

Derrière l’engouement des acteurs de l’enseignement supérieur pour cette réforme apparaissait déjà en filigrane la crainte du retard des universités européennes dans la maîtrise du numérique mais également de forts enjeux pédagogiques. Une inquiétude partagée par la commissaire européenne, Neelie Kroes, en charge de la société numérique, qui considère « l’absence de compétences numériques [comme] une nouvelle forme d’illettrisme » .

Ces premières coopérations réussies ont permis d’accélérer le processus d’harmonisation souhaité par les Etats membres. Si la réforme a déjà largement abouti, le processus fait toujours des petits. Aujourd’hui, les discussions ne sont plus d’ordre stratégique mais deviennent éminemment techniques. Ainsi, l’on constate que les plus grands éditeurs de solutions logicielles au service de l’enseignement aboutissent à des consensus au niveau européen. Ce qui œuvre à faciliter la tâche des Etats membres dans la mise en œuvre de leurs programmes éducatif.

La France, assemblier numérique

Ce processus en réseau, qui a fonctionné de manière circulaire jusqu’à aboutir à l’importante réforme de l’enseignement supérieur que l’on connait, ne devait pourtant représenter que la première pierre du renouveau du système éducatif.
Ainsi en France, le rapprochement des enjeux locaux et des orientations européennes (La stratégie Europe 2020 se donne notamment comme objectifs de réduire drastiquement le décrochage scolaire et d’augmenter le taux d’adultes accédant à l’enseignement de troisième cycle) aboutit pour l’Etat français à conduire une politique incitative forte autour de l’e-éducation. Le mouvement d’ensemble de coopération et d’échange entamé au niveau européen se retrouve alors très concrètement dans la pratique française, assorti d’objectifs propres à l’approche française de consolidation des marchés publics, et vers une rationalisation de la dépense.

Le Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche se place dans la même logique d’achat que les autres Ministères. Les acheteurs dorénavant imposent des politiques d’achats groupés, tendent vers de plus grandes économies d’échelle et les conditions tarifaires exigées demandent aux éditeurs des efforts supplémentaires.
Les mesures prises vont dans le sens d’un achat rationalisé profitable au budget de l’éducation nationale et dont l’émergence s’est faite par un rapprochement significatif des acteurs de l’éducation nationale.

Chez SCC, les collaborateurs constatent la réalité de cette coopération dans chaque commission d’achat, dans chaque COPIL auquel ils participent en tant que conseil. Les participants sont de tous horizons, venus du national comme du local, du CNRS et des universités, des profils aussi divers que les besoins en équipement informatiques sont variés.

Désormais, les orientations et les besoins sont fixés, les regroupements d’achats sont efficients. Toute l’éducation est concernée par ce travail permanent de concertation et les marchés sortent progressivement au fil de la capacité des éditeurs à standardiser leurs produits.

Reste maintenant la centralisation des infrastructures de réseaux. C’est un pré-requis fondamental de l’école numérique, dont découlera demain toute la mise en œuvre, en local, des projets pour l’école numérique.

Les acteurs locaux de l’enseignement, dans les starting-blocks

A son rythme, en fonction de ses budgets mais aussi de sa maturité à l’égard des solutions numériques, chaque collectivité poursuit l’ambitieux plan national pour l’école numérique. Concrètement, au local, le plan se traduit par la mise en place de solutions aussi pragmatiques et utiles que le cartable numérique ou le dossier scolaire numérique.

En effet, l’école numérique doit répondre à plusieurs enjeux majeurs. Il s’agit pour elle de rattraper le retard de l’enseignement numérique en premier et second cycle mais également de modifier visiblement les conditions d’enseignement et les méthodes.
Cela passe entre autres choses par assurer un suivi plus individualisé des élèves, au niveau scolaire, mais également et sous conditions spécifiques, un suivi des situations familiales et de l’environnement de l’enfant.

Il y a deux ans, ces projets étaient encore regardés comme des vœux pieux. Les grands éditeurs n’avaient pas trouvé de terrain d’entente et ne proposaient aucune standardisation suffisante. L’accès à Internet et aux applications mobiles demandaient encore un effort, notamment de la part de la CNIL, pour adapter leur usage aux enfants et proposer un environnement verrouillé et sécurisant. Les nouvelles méthodes d’enseignement n’en étaient qu’à leurs débuts, et le matériel nécessaire pour y parvenir encore cher à l’achat au même titre que leur maintenance.
La concertation massive autour de l’e-éducation a permis en deux années de dépasser le stade du projet et d’entrer vraiment dans la phase opérationnelle.

Toutes les solutions aujourd’hui sont disponibles à des coûts bien plus bas pour répondre à la demande de développement de laboratoires de langues, d’échanges inter-écoles d’un pays à l’autre visant à favoriser la correspondance, offrir un suivi plus individualisé, des cours en ligne et du matériel pédagogique au format numérique.

L’e-éducation une réalité proche

C’est pourquoi la concertation, qui a favorisé d’aussi importants progrès à tous les échelons, doit poursuivre sur sa lancée. Il ne faudra pas trois ans pour que l’e-éducation soit une réalité dans les établissements scolaires de France. Les acteurs de l’éducation nationale sont aujourd’hui entrés dans la phase du choix des solutions.

Avec la consolidation des infrastructures de réseaux, pierre angulaire de l’école numérique, le choix définitif des solutions numériques se fera au regard d’un marché très actif du point de vue de l’accès et de la sécurité des données.
Il reste aux décideurs de s’entourer des meilleurs conseils pour faire le choix de leurs fournisseurs, au regard de leur besoin de standards, de sécurité et de la garantie de la plus grande déontologie. Avec 8 millions d’élèves concernés, le challenge est de taille mais  aujourd’hui, il peut être relevé.

Recevez par mail les articles et actualités AuCoeurdesMétiersJe m'inscris à la newsletter
preloader