Fini la (mauvaise) surprise des bulletins scolaires que nos chers enfants nous remettaient en main propre… le plus tard possible. Aujourd’hui, la moindre information sera enregistrée, stockée, exploitée, redistribuée et centralisée au sein du livret scolaire numérique. Mais s’il est encore reçu différemment aussi bien par les parents que par les enseignants, le grand livret scolaire unique (LSUN) de tous les écoliers et collégiens français a de grandes ambitions qui vont se dévoiler petit à petit.

 

Le livret scolaire numérique, c’est quoi ?

À l’initiative de l’éducation nationale et toujours dans un contexte de démocratisation de la transformation digitale, le livret scolaire fait partie intégrante du plan numérique pour l’éducation à l’école et au collège.

Outil simple et précis pour rendre compte aux parents des acquis et des progrès de leurs enfants, le LSUN restitue ainsi une évaluation plus complète des exigences attendues en milieu scolaire. Ce nouveau livret est accessible en ligne afin que les parents et les élèves puissent en prendre connaissance lorsqu’ils le souhaitent. En outre, l’application nationale de saisie des bilans est commune aux enseignants du premier et du second degré, du public et du privé.

Il est la version 2.0 du bon vieux livret scolaire en papier qu’ont connu des générations d’élèves. Entré en vigueur à la rentrée 2016, il représentait encore une sorte de mirage des préaux et perd à la fois les parents d’élèves et les enseignants eux-mêmes.

Néanmoins, d’ici la fin de l’année ou en début d’année prochaine, les parents devraient avoir un aperçu de ce porte document d’un autre siècle qui suivent leurs chérubins du CP à la troisième sans interruption.

 

Un suivi plus personnalisé du parcours de l’élève

Si les éléments constitutifs du livret scolaire peuvent être établis avec différents outils, le livret prend une forme numérique commune à tous les élèves et tous les types d’établissements d’enseignement par le biais d’une application nationale de suivi de la scolarité du CP à la troisième.

Ce livret scolaire permet donc de gérer facilement les évaluations des élèves et d’éditer en quelques clics des bilans de compétences. Le principe est simple et le système s’appuie sur les évaluations qui sont renseignées régulièrement et le document peut-être téléchargé en un clic.

Aussi, ce livret accompagne une réforme plus globale, laquelle instille aux enseignants d’évaluer les élèves selon huit grands domaines de compétences comme, par exemple, les « systèmes naturels », les « systèmes techniques », ou les « représentations du monde ». Et chaque compétence est notée entre 1 et 4, 1 étant la note la plus basse. Ces repères, censés aider les parents à situer leurs enfants vis-à-vis du niveau attendu, s’ajoutent au bulletin trimestriel.

 

La technologie au service des élèves et des enseignants

À l’aube d’une nouvelle ère, les technologies de l’information et de la communication se développent de plus en plus pour apporter des solutions permettant un traitement, une analyse et un partage plus efficace des données. En effet, du côté des enseignants, avoir une vue d’ensemble des compétences de chaque élève, peut les aider à constituer des groupes de niveaux pour pallier aux difficultés de chacun.

L’avantage de la connectivité de ces outils ? Avoir des données exhaustives et accessibles facilement à partir d’une seule et unique interface pour permettre la meilleure prise de décision, le plus rapidement possible, pour chaque élève.

Ainsi, dans une logique du tout numérique, la mise en place de ce type d’outils au sein des écoles peut aussi faire office, à plus grande échelle, d’une évaluation globale du système éducatif en son entier et doit répondre à la forte demande d’une nouvelle application de suivi des progrès des acquis des élèves.

Reste à savoir si le livret scolaire numérique unique ne sapera pas complètement la base élitiste du système éducatif avec seulement 8 domaines évalués sur 4 niveaux. Une base qui peut sembler trop restreinte selon certains, pour vraiment distinguer les élèves et les affecter dans les lycées.

Par ailleurs, au nom du droit à l’oubli et éviter que certains traînent leurs points rouges récoltés en CP en histoire – géo, l’application informatique devrait aussi faire automatiquement disparaître les bulletins des élèves au bout de quelques années.

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