Longtemps frileuses à l’idée d’autoriser l’usage de devices personnels pour l’activité professionnelle – sécurité oblige – les organisations françaises se (re)posent aujourd’hui la question de la pertinence d’une politique de BYOD, qui serait en train de devenir une composante incontournable de l’entreprise mobile.

—————————————————————————————————————————

Le BYOD (Bring Your Own Device) consiste, pour les employés d’une organisation, à utiliser leurs équipements numériques personnels (ordinateur portable, téléphone, tablette…) pour leur activité professionnelle. Apparue au début des années 2000, cette pratique a largement démontré ses avantages, pour les employés comme pour les entreprises. Mais elle est également porteuse de nombreuses incertitudes, en particulier pour les DSI qui doivent parvenir à encadrer et sécuriser des usages qui tendent à échapper à leur contrôle.

Quelle place le BYOD occupe-t-il aujourd’hui dans les entreprises françaises ? Quels bénéfices celles-ci peuvent-elles en attendre ? Et surtout, quelles stratégies et quels dispositifs doivent-elle adopter pour en maîtriser l’usage ?

Après avoir fait un état des lieux des grandes tendances du BYOD en France, nous verrons, dans un second temps, les prérequis à une mise en œuvre efficace et sûre d’une politique de BYOD en entreprise. Puis, dans une troisième partie, nous nous pencherons plus précisément sur les solutions de gestion de la mobilité aujourd’hui disponibles pour garantir l’exploitation optimale d’un parc mobile hétérogène.

—————————————————————————————————————————

80% des employés français effectuent une partie de leur travail en dehors de leur bureau…

Ce chiffre, datant de 2015, a de quoi surprendre ! Pourtant, pour Agnès Van De Walle, directrice de la division Windows & Device chez Microsoft, cette tendance devrait aller à la hausse, avec l’intégration de la génération Y dans les effectifs, particulièrement demandeuse de « communication, de flexibilité dans [son] travail au quotidien et, plus largement, d’une meilleure adéquation entre vie personnelle et vie professionnelle. » Pas étonnant, donc, que la moitié des DSI considère la mobilité comme leur priorité numéro N° 1.

Dans ce contexte, le BYOD apparaît comme une tendance phare. D’abord parce qu’il permet aux salariés d’utiliser des outils dont ils maîtrisent parfaitement les fonctionnalités, et qu’ils considèrent bien souvent comme plus performants que ceux dont ils disposent sur leur lieu de travail. Ils gagneraient ainsi en flexibilité et en efficacité. Ensuite parce qu’en plus de tirer profit de cette productivité, les employeurs peuvent également réduire leurs dépenses en achat de matériel.

… mais à peine un tiers des entreprises autorisent le BYOD

D’après une étude publiée par Tech Pro Research, près de 60% des entreprises américaines utilisent le BYOD. En France, en revanche, moins d’un tiers y adhèrent. Une frilosité qui s’explique en partie par les contraintes opérationnelles et sécuritaires que pose le BYOD.

La sécurité des données sensibles de l’entreprise constitue ainsi un frein majeur pour les DSI, dès lors que les collaborateurs peuvent accéder à des ressources professionnelles en dehors des murs de l’organisation, et sur des appareils qu’elle ne contrôle pas. D’autant que des études révèlent que les salariés n’ont pas toujours la connaissance nécessaire en matière de cybermenaces pour adopter le comportement adéquat.

Autre obstacle: le déploiement applicatif. Comment, en effet, déployer, sécuriser et maintenir des applications professionnelles sur des parcs mobiles hétérogènes, tout en respectant la vie privée de chaque employé ?

L’impossible dilemme ?

Difficile pourtant de passer à côté de cette tendance de plus en plus plébiscitée par les salariés. Qui d’ailleurs n’attendent pas toujours l’aval de leur direction pour utiliser leur appareil personnel dans le cadre de leur travail, et donc de façon non contrôlée.

Pour Guillaume Anfroy, Deal Solution Manager chez T-System, « les DSI ne peuvent plus attendre pour se lancer dans une stratégie BYOD quitte à mettre en place des dispositifs très simples au début qui seront enrichis par la suite. Ne rien faire, ce serait favoriser le shadow IT avec, pour la DSI, une perte de contrôle total sur le parc matériel et applicatif. »

Le déploiement d’une politique de BYOD peut sembler complexe et fastidieux. Mais il existe aujourd’hui des solutions, des outils et des stratégies éprouvés qui permettent d’en tirer un maximum de profit tout en en limitant les risques. C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans les deux prochains volets de ce dossier consacré au BYOD.

Smartphones, tablettes : les entreprises face au défi de la mobilité – Regards croisés d’Agnès Van de Walle (Microsoft) et d’Emmanuel Bricard (e.l.m. leblanc) – mars 2015

Orange Info Business

Tech Pro Research – BYOD, Wearables and IoT: Strategies, Security, Satisfaction – Janvier 2016

Partagez cet articleShare on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn30Email this to someone