Les villes de plus de 3 500 habitants devront, d’ici moins de deux ans, ouvrir leurs données aux citoyens. C’est la loi qui le dit ! A la clé : une meilleure qualité de service aux usagers et une cohabitation plus sereine au sein de l’espace public. Quelles sont, aujourd’hui, les villes championnes de l’Open Data en France ? Et quels outils leur a-t-il permis de déployer ?

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A l’heure où les questions de l’environnement et du mieux-vivre ensemble agitent le monde, nous vous proposons de nous attarder sur ce que signifie, aujourd’hui en France, le concept de Smart City. Les villes françaises sont-elles intelligentes ? Quelles sont les initiatives menées en France en faveur d’une ville durable ? Comment nos espaces urbains se préparent-ils aux défis environnementaux, économiques et sociaux du futur ?

Après avoir dressé un état des lieux général des villes intelligentes « à la française », et zoomé sur quelques initiatives locales remarquables en faveur d’une consommation énergétique urbaine plus responsable, nous nous penchons aujourd’hui sur le développement de services destinés aux citoyens, et sur la façon dont ils peuvent améliorer la qualité de vie et la cohabitation au quotidien au sein de nos villes

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Visant à favoriser et promouvoir l’économie numérique, la loi pour une République numérique, promulguée le 7 octobre 2016, prévoit notamment l’ouverture des données publiques et d’intérêt général – ou open data – pour les villes de plus de 3 500 habitants. Autrement dit, la publication, d’ici 2018, des principales données administratives et de celles présentant un intérêt économique, social, sanitaire ou environnemental pour la collectivité. Si tout reste à faire pour nombre d’agglomérations concernées, d’autres n’ont pas attendu la loi pour s’y mettre. Et l’open data fait aujourd’hui partie des dispositifs majeurs mis en œuvre par les Smart City françaises.

L’open data, pour faciliter la vie des usagers

Plus des deux tiers de villes intelligentes françaises ont ainsi déployé des applications numériques destinées à améliorer la qualité de vie de leurs habitants au quotidien. En tête des services proposés, figure le calcul d’itinéraire multimodal, grâce aux données récoltées auprès des différents opérateurs de transports urbains. Paris, Lyon, Marseille, mais aussi Nice ou encore Strasbourg fournissent ainsi à leurs usagers, un ensemble d’informations relatives aux conditions de circulation, aux horaires et itinéraires des bus, trams et métro, ou encore au taux de remplissage des parkings et de disponibilité des vélos en libre service. L’objectif : faire gagner du temps aux usagers, fluidifier la circulation et désengorger les villes en favorisant un comportement plus « vert » et plus responsable en matière de déplacement.

Dans certaines villes, le niveau de service va encore plus loin. L’application « Nantes dans ma poche », par exemple, fournit également les menus des cantines scolaires ou encore les horaires d’ouverture des infrastructures publiques (piscines municipales, notamment). Les Bordelais, quant à eux, peuvent connaître, en temps réel, les évènements organisés dans leur quartier. Et les Marseillais – ces veinards ! – la qualité des eaux de baignade alentours.

L’ensemble de ces outils, alimentés par des capteurs de plus en plus nombreux et de plus en plus performants, permet non seulement de créer des services adaptés aux besoins et attentes des usagers, mais aussi de mieux évaluer l’impact d’une décision politique prise à l’échelle de la ville ou du territoire.

La connectivité : condition de la Smart City

Mais la qualité des services numériques, en particulier avec la multiplication des objets connectés qui y sont associés, dépend bien évidemment de la performance et de l’accessibilité du réseau, à tous, partout dans la ville. Le Wifi public est ainsi devenu un enjeu crucial pour les villes intelligentes. Dès 2014, Mulhouse a lancé Wifilib, le premier réseau Wifi linéaire public haut-débit gratuit. Chacune des bornes installées en centre-ville peut gérer jusqu’à 500 connexions simultanées, et leur maillage est tel qu’il permet aux utilisateurs de bénéficier d’une connexion haut-débit en continue.

Les déploiements d’un Wifi public haut-débit restent encore relativement limités, et constitue un chantier de taille pour la majorité des agglomérations. Pourtant, elles n’auront très vite pas d’autres choix que de s’y atteler, dès lors qu’elles sont concernées par les dernières directives en matière de digitalisation de l’espace public. Un chantier parmi d’autres, qui commencent à émerger çà et là pour faire des villes de véritables territoires connectés : e-administration, école numérique, Big Data, Fablab ou encore mobilier urbain communicant… La ville du futur sera assurément digitale et connectée, et c’est dès aujourd’hui que les municipalités doivent amorcer leur transformation numérique, afin de continuer à offrir à leurs habitants les meilleures conditions de vie possible, en phase avec l’évolution de leurs besoins et de leurs usages.

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