Bureaux, espaces de travail, tiers lieu, fablabs, mobilité, nomadisme, voilà une sémantique évolutive pour décrire un phénomène qui va en s’amplifiant, le déplacement puis la transformation, jusqu’à la disparition de la situation géographique comme critère de rattachement à son entreprise. Mais que cache cette évolution ? Les usages sont-ils les seuls concernés ? Ou bien n’est-ce pas l’illustration du devenir des business models de demain ?

Tu passes par la boîte demain ?

Il faut croire qu’ils ne sont plus très nombreux les salariés à se rendre chaque matin au bureau, retrouvant les objets et les endroits qui font leur quotidien. Au point parfois que ceux qui restent disent se sentir isolés dans cette grande carcasse toute vide. Et les autres ?

Et bien, il y a ceux dont le métier est de se déplacer, quoiqu’il arrive. Transporteurs, chauffeurs routiers, conducteurs de transports en commun, facteurs, commerciaux, ingénieurs, agents de contrôles, chefs de produits, visiteurs médicaux… la liste est infinie. Et pour chacun d’eux, il existe le matériel idéal, par son poids, son format, sa taille, sa solidité, son design et la puissance utile.
Il y a ceux qui profitent de déplacements plus ponctuels mais récurrents. Et dont les besoins passent certainement par le maintien de leur pc portable à des prix défiant toute concurrence aujourd’hui, complété de projecteurs intégrés et de solutions stacks.
Il y a ceux qui multiplient les employeurs. La miniaturisation et la modularité viennent au secours de ces professionnels multi-cartes. Les constructeurs parlent de wearable devices, et de flexible panel.
Enfin, il y a tous ceux qui découvrent les joies du télétravail, à temps partiel, à plein temps, à la carte.

Tous partagent l’idée que le fait de travailler n’est finalement pas associé à un lieu déterminé. Portons alors un regard sur cette étonnante transformation que nos espaces de travail ont connu en quelques années seulement et cherchons à en déduire une partie du futur de notre économie.

Qu’est-ce qui fait sortir les collaborateurs de l’entreprise ?

CTA_SCC-LENOVOOn aurait tendance à l’oublier, mais la féminisation du travail a joué un rôle important dans la réorganisation du temps de travail, voire dans sa désynchronisation. La mise en œuvre de l’ARTT, l’accroissement de la durée de vie et l’augmentation du temps libre ont progressivement fait émerger de nouvelles attentes, de nouveaux désirs quant à notre façon de travailler.

On la cite irrémédiablement mais force est d’admettre qu’elle fut un déclencheur du travail nomade, c’est bien la dernière génération de travailleurs, née avec les nouvelles technologies et porteurs d’une certaine désaffection pour les méthodes de management traditionnelles.

Alors, c’est un peu le jeu de la poule et de l’œuf cette histoire. Si ce sont bien les nouvelles performances des réseaux et des matériels qui ont permis de s’affranchir du bureau, en cela poussés par nos désirs plus ou moins inconscients de posséder et d’utiliser des flottes de tablettes, de smartphone et d’ordinateurs portables modernes et belles, les nouvelles technologies ont surtout comblé l’attente parfaitement bien exprimée de travailler autrement.

Qu’est-ce qui pousse l’entreprise à se moderniser ?

Ses collaborateurs, oui, nous venons de le démontrer. Au-delà, l’entreprise, sans être forcément clairvoyante, perçoit rapidement tous les avantages qu’il y a à favoriser une plus grande mobilité. Certains avancent la réalisation d’économies sur le locatif ou le foncier. C’est en effet un axe d’amélioration mais l’immobilier d’entreprise tend plus à se transformer qu’à s’effacer. Les espaces de travail sont surtout repensés pour favoriser les va-et-vient entre collaboration et travail solitaire.

On y retrouve d’ailleurs cette ambiance de tiers lieu, qui permet aux individus de se regrouper, en cela facilité par la disparition de l’aspect formel des bureaux. C’est pourquoi les tendances sont au sans fil et à la mobilité in door, chacun choisissant une place disponible sous le ficus ou près de la baie vitrée puis se connectant facilement en ouvrant une session, identique quel que soit son device. C’est étonnant de constater à quel point les collaborateurs s’approprient alors mieux l’entreprise et ses valeurs que dans tout autre contexte.

Mais l’immobilier reste un épiphénomène à côté de l’hyper concurrence que se mènent les entreprises dans leurs recrutements. Image de l’entreprise, renforcement du capital marque employeur, séduction des profils experts, les entreprises misent sur le numérique et sur l’autonomie et la liberté qu’il confère pour attirer les meilleurs.

Et les meilleurs ne sont pas toujours dans la même région, ou le même pays. Effet de la globalisation, les équipes tendent à s’internationaliser. La collaboration n’est principalement plus assurée que par des outils numériques. C’est ainsi qu’on voit se multiplier les smart meeting rooms et que l’on retrouve des solutions P2P sur tous les appareils.

Si l’on pousse la réflexion jusqu’au bout, cette collaboration entre équipes pluridisciplinaires, internationales et autonomes, ne serait en fin de compte qu’un aspect d’une économie collaborative en voie d’absorber le monde des affaires traditionnel.

Qu’est-ce qui pousse l’entreprise à transformer son management ?

L’économie collaborative recèle de nombreuses facettes. Et l’on peut se perdre dans ses définitions. On en parle d’abord dans le cadre des plateformes, rappelez-vous c’était hier, celles qui ont bouleversé nombre de secteurs économiques comme publics, de l’hôtellerie au transport en passant par les banques de prêt (bonjour le crowdfunding) et … les vidéoclubs (hello Netflix). On se demande déjà ce que sera l’éducation demain, ou la démocratie ou les territoires, pourquoi pas ?

Cette disruption, que personne ne veut subir, doit alors être provoquée. En son sein ou à côté, peu importe, l’essentiel est d’en planter les graines. Émergent alors depuis quelques années des entreprises qui faisaient figure d’OVNI dans le paysage industriel et tertiaire (mais l’agriculture n’est pas en reste), dont le management est lissé au point de disparaître au profit d’une organisation flat et coopérative.

Avec pour objectif de renforcer une intelligence collective qui pourrait très bien apparaître à un échelon insoupçonné.

L’humain, le collaborateur en particulier terrain, est mis en avant et doté de toutes les technologies en mesure de le rattacher librement à l’entreprise. Le cloud évidemment, la 5G changeront la donne dans un avenir proche, tout comme des connexions toujours plus rapides et facilitées par la reconnaissance faciale ou l’exploitation de capteurs Wifi positionning ou NFC.

Avec comme pierre de voûte… Internet. Le voilà, le nouvel espace de travail, à l’organisation liquide et mouvante, dans lequel se crée et se défait un nouveau modèle d’affaires toutes les minutes.

Il est donc grand temps de se demander si les équipes sont suffisamment bien connectées et préparées à l’espace de travail de demain. Car, prometteur, il est aussi foisonnant d’innovations. La gesture control, la smart assistance et la plus envoûtante encore, la réalité augmentée frappent déjà aux portes virtuelles (et pourtant si concrètes) de l’entreprise.

KICK OFF SCC

Workspace : what’s next ?
Participez à l’atelier du 7 juin 2017 
à 13h00

Recevez par mail les articles et actualités AuCoeurdesMétiersJe m'inscris à la newsletter
preloader