Objet de toutes les innovations, transformations et expérimentations, la voiture n’en finit pas de faire sa révolution. Avec, en ligne de mire, toujours plus d’autonomie et la promesse d’une mobilité et d’une sécurité accrues. A condition toutefois de redoubler de connectivité et de prendre les bons virages, entre infrastructure routière et infrastructure réseau.

 

Piloter un flot continu de données

Le véhicule autonome est avant tout une voiture connectée capable de dialoguer avec d’autres, dans un flot continu de données. C’est la condition pour que les voitures se déplacent un jour toutes seules. Cet horizon ne semble plus si lointain à en croire les constructeurs, industriels et opérateurs qui se sont lancés dans la course, pied sur l’accélérateur de la connectivité. Le véhicule autonome requiert en la matière des besoins supérieurs à ceux de la voiture connectée, autrement dit une plus grande quantité de données à émettre et à télécharger à très faible latence, ce que le réseau 4G ne sera pas en mesure de satisfaire… mais que l’arrivée de la 5G laisse entrevoir.

 

La 5G, cet autre « capteur »  

La future génération de réseau mobile 5G embarque à son bord une masse de données qu’il promet de transmettre à la vitesse de l’éclair. L’objectif ? Ajouter aux différents types de capteurs que sont les caméras, les radars et autres lidars (télédétection par laser) un afflux d’informations collectées sur la route, au travers des feux de circulation ou encore des glissières de sécurité, et transmises en continu de véhicule en véhicule.

Pas d’autonomie sans garantie de sécurité et sans une gestion plus fluide du trafic. La 5G devra détecter les obstacles, les freinages d’urgence, les collisions, les pannes et les aléas météo… Son infrastructure repose sur des systèmes de transport dits « intelligents » dotés d’une interopérabilité à toute épreuve et sur une architecture de services connectés embarqués (maintenance à distance, mise à jour logicielle).

 

Lever les derniers freins

A l’heure des premiers déploiements de la 5G, les industriels testent et valident de nouveaux cas d’usage que renforcent les capacités du réseau mobile de nouvelle génération. Des « pilotes » sont aujourd’hui lancés pour mettre demain en circulation des voitures plus sûres et plus intelligentes. La technologie 5G pourrait devenir un élément clé de la conduite connectée et automatisée. C’est en tout cas ce que promeut la 5G Automotive Association (5GAA) qui rapproche les partenaires de l’industrie, les constructeurs automobiles, les opérateurs télécom et les fabricants de semi-conducteurs, autour d’un standard de communication sans fil.

La Commission de Bruxelles se verrait bien, quant à elle, prendre le chemin du wifi. Cette autre voie, fondée sur la technologie wifi ITS-G5, offre cependant moins d’avantages en termes de performance mais semble plus adaptée aux besoins d’une communication rapide de véhicule à véhicule. Un élément essentiel pour éviter les accidents. Le débat est donc ouvert… et loin d’être tranché ! Mais à y regarder de plus près, il semble moins porter sur les enjeux de la connectivité que sur la conduite autonome en tant que telle. Pour preuve, 25 % des Français y sont encore fortement opposés (source : sondage Ipsos, mai 2018).

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