Après une phase expérimentale, le marché de la téléconsultation se structure progressivement en France. Avec l’objectif de fluidifier le parcours de soins des patients et de dégager du temps aux médecins. C’est tout l’enjeu de l’e-santé qui multiplie les dispositifs en ligne et la pratique médicale à distance.

Proclamée « année de la télémédecine », 2018 aura vu le déploiement de la téléconsultation, réellement opérationnelle depuis le 1er janvier. Elle consiste en une consultation établie entre un patient et un ou plusieurs professionnels de santé, et repose sur l’utilisation des nouvelles technologies. Prise en charge depuis le 15 septembre dernier par l’Assurance Maladie pour tous sur l’ensemble du territoire, la consultation médicale en ligne marque une étape décisive dans la numérisation et l’organisation du système de santé.

 

Un service encore marginal

L’enjeu est d’abord thérapeutique car il s’agit de répondre aux faiblesses d’un système de santé confronté au défi des déserts médicaux, au manque d’accès aux soins et de suivi de patients de plus en plus âgés, et à l’accroissement continu du nombre des maladies chroniques. Mais si la téléconsultation devient un standard pour les assurances et les mutuelles qui élargissent leurs offres, elle dépend d’une adhésion encore timide des utilisateurs et de leur capacité à se projeter dans cette nouvelle configuration de soins. En témoigne une étude (*) qui précise que 42% des Français se disent favorables à la téléconsultation pour renouveler une ordonnance, obtenir un conseil après d’un praticien, prendre l’avis d’un second médecin ou aborder un sujet de santé en toute discrétion… même s’ils ne sont dans les faits que 3% à effectuer une consultation médicale en ligne en bonne et due forme.

 

Exigence technologique et responsabilité numérique

Encadrée par l’Agence régionale de santé (ARS), la téléconsultation relève des règles applicables à la pratique traditionnelle et présentielle de la médecine qu’elle n’a pas vocation à remplacer. Elle pose cependant une condition technologique qui doit répondre à deux exigences : le recours systématique à la vidéotransmission, exigé par la loi pour garantir la qualité des échanges, et la connexion à une plateforme ou à une application sécurisées. Assimilés au dispositif médical, ces outils supposent d’en maîtriser à la fois l’usage et les limites, et engagent donc une nouvelle responsabilité des professionnels de santé. Sans compter que la téléconsultation fait transiter des informations à caractère médical dont la confi­dentialité doit être respectée. A ce titre, elle relève bien sûr de la réglementation en vigueur en matière de protection des données personnelles.

 

Renforcer l’expérience-patient

Facturée par le praticien au tarif normal de 25 euros, la téléconsultation est prise en charge selon les modalités de remboursement d’une ­consultation classique définies par l’Assurance Maladie. Cet acte en ligne peut désormais être pratiqué par tous les médecins libéraux et hospitaliers dès lors qu’il est réalisé à l’initiative d’un médecin dans le respect du parcours de soins coordonné. Au-delà d’une prise en charge et d’un suivi plus rapides, la téléconsultation ouvre la voie à un modèle économique innovant qui encourage « l’expérience-patient », pour un patient mieux pris en compte, plus autonome, au cœur du dispositif de soins. Avec la téléexpertise, qui consiste pour un médecin à solliciter les compétences d’un autre professionnel, de la télésurveillance ou de la téléassistance médicales, la consultation en ligne mise sur la digitalisation du parcours de soins et sur l’immense potentiel de la santé connectée. A condition encore de faire rimer dans une même équité accès aux soins et accès aux technologies…

 

(*) Enquête BVA pour Zava : « e-santé usages et attentes des Français » (mai 2017)

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