Qu’elles se rapprochent ou qu’elles fusionnent, les communes ont engagé une transformation numérique qui les pousse à passer d’une gestion centrée sur le back-office à une logique transversale. Il leur faut aujourd’hui intégrer des systèmes d’information, se centrer sur des services opérationnels, faire monter les agents en compétences, et travailler avec les directions-métiers.

Au 1er janvier 2017, 517 communes nouvelles avaient été créées, issues de la fusion de 1760 communes (1). Encouragées par la loi de réforme des collectivités territoriales de 2010 puis la loi NOTRe (2) de 2015, les communes ont engagé ces dernières années des rapprochements, voire pour certaines, des fusions. Avec l’objectif pour chacune de réaliser des économies, de mutualiser les moyens matériels et humains, de promouvoir l’attractivité et la cohésion du territoire, et de renforcer les services publics. Un défi de taille qui repose sur un système d’information « en ordre de marche ».

 

Le SI, un élément de cohérence de la modernisation

Le système d’information est la condition première de toute fusion, les rapprochements IT étant au cœur d’une démarche de rationalisation des coûts de fonctionnement. C’est encore plus vrai à l’heure où les collectivités sont face à la nécessité de réduire la voilure budgétaire. Cela passe par le besoin de regrouper les achats informatiques, de rationaliser les applications (ressources) et les infrastructures (réseau, hébergement, stockage, serveurs), et d’optimiser les pratiques d’exploitation des SI.

Les projets actuels de rapprochement et de fusion des communes offrent l’occasion d’entreprendre un diagnostic en termes de gouvernance IT, de gestion des coûts, des risques et de la sécurité, et d’alignement du SI pour soutenir les projets métiers orientés citoyens (e-administration) et les projets de dématérialisation liés aux services internes. La migration vers le cloud ou encore l’externalisation font aujourd’hui partie de l’environnement informatique de ces nouvelles collectivités qui doivent non seulement penser ou repenser leurs infrastructures, mais aussi les inscrire dans des scénarios évolutifs.

 

Compétences nouvelles et profils spécialisés

Autre objectif de la démarche : la fusion doit garantir des services publics fiables et de qualité à l’usage des habitants et des personnels. Du déploiement du très haut débit à l’accès à l’administration, des enjeux de mobilité à la transition écologique, c’est de la convergence des SI que va dépendre le rapprochement réussi entre deux ou plusieurs communes. C’est bien là que se joue la synergie des moyens et des compétences dans un contexte où les municipalités l’ont bien compris : leur lien avec les administrés passe par des services innovants qui façonnent « l’expérience citoyen » dont les comportements et les attentes ne cessent d’évoluer.

Cette recherche de mutualisation pose la question des compétences. Au sein des collectivités, l’IT connaît une « petite » révolution qui voit émerger de nouvelles fonctions clés dotées de profils spécialisés. C’est le cas du responsable de sécurité des SI (RSII), du responsable réseaux et télécoms, des développeurs, des administrateurs systèmes et bases, ou encore des experts en charge du système d’information géographique (SIG). De nouvelles perspectives professionnelles s’ouvrent en termes de recrutements, de mobilité et de formation pour les agents. Là où la DSI défendait hier ses budgets, elle devient donc une fonction pivot en lien avec la direction générale des services : un partenaire stratégique de la DRH dans l’accompagnement au changement.

 

(1) Source : Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL)

(2) Nouvelle organisation territoriale de la République

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