Les villes françaises sont-elles intelligentes ? Comment nos espaces urbains se préparent-ils aux défis environnementaux, économiques et sociaux du futur ?

Etat des lieux et grandes tendances de la Smart City « à la française ».

 

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A l’heure où les questions de l’environnement et du mieux-vivre ensemble agitent le monde, nous vous proposons de nous attarder sur ce que signifie, aujourd’hui en France, le concept de Smart City. Les villes françaises sont-elles intelligentes ? Quelles sont les initiatives menées en France en faveur d’une ville durable ? Comment nos espaces urbains se préparent-ils aux défis environnementaux, économiques et sociaux du futur ?

Après avoir dressé un état des lieux général des villes intelligentes « à la française », nous observerons deux tendances majeures privilégiées par de nombreuses agglomérations :

– la promotion des énergies renouvelables et des dispositifs de performance énergétique ;

– le développement des nouveaux services offerts aux usagers pour améliorer la qualité de vie et la cohabitation au quotidien.

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La moitié de l’humanité vit à l’heure actuelle en ville. Selon certaines estimations, cette proportion passera à près de 65% d’ici une quinzaine d’années, et jusqu’à 85% d’ici 2050. C’est tout le concept d’urbanité qu’il faut dès aujourd’hui repenser, afin de pouvoir répondre aux nouveaux enjeux liés à l’environnement, à l’économie, à la mobilité ou encore à l’administration, que l’état actuel des choses ne permet pas d’adresser sur le long terme.

 

80% de la population française vit en ville

 

C’est de ce constat qu’est naît le concept de Smart City – Ville intelligente – où les nouvelles technologies, en particulier les objets connectés, doivent permettre de faire émerger de nouveaux services, de nouveaux modes de consommation et de nouveaux comportements, à la fois individuels et collectifs, pour améliorer la qualité de vie dans les villes.

 

Si les initiatives se multiplient à l’échelle internationale, la France n’est pas en reste. Avec près de 80% de sa population vivant en espace urbain, l’Hexagone est confronté, à son échelle, aux mêmes enjeux énergétiques, économiques et sociaux dans la gestion de ses villes. Il faut toutefois noter que, selon le dernier recensement de l’Insee, ce sont les populations des communes de tailles intermédiaires qui ont le plus augmenté au cours des dernières années. Tandis que la population des 100 plus grandes villes françaises a connu, depuis 2009, une croissance inférieure à la moyenne nationale.

 

Le concept de ville intelligente n’est donc pas l’apanage des grandes métropoles. La problématique de la transformation de l’espace urbain concerne tout autant ces villes dites « intermédiaires », aujourd’hui moins densément peuplées, mais qui sont susceptibles d’accroître leur population de façon exponentielle dans les prochaines années.

 

Smart City « à la française » : les grandes tendances

 

Aujourd’hui, ce sont ainsi plus de 20 communes, métropoles et communautés d’agglomérations  françaises qui développent des services intelligents. Si de grandes villes comme Lyon, Paris, Lille et Marseille se sont naturellement positionnées sur ce créneau, près de la moitié des villes intelligentes françaises compte moins de 250 000 habitants[1]. Grenoble, Clermont-Ferrand, Chartres ou encore Issy-les-Moulineaux, pour ne citer qu’elles, font ainsi partie des agglomérations ayant développé des projets ambitieux destinés, par exemple, à améliorer les performances énergétiques des bâtiments et des infrastructures publiques, la mobilité des habitants ou encore l’accessibilité des données dites ouvertes (open data).

 

Car la ville intelligente prend une multitude de formes et se fonde sur une grande variété d’initiatives. L’open data est sans aucun doute, en France, une démarche privilégiée par les villes. Elle consiste par exemple à donner accès, via une application mobile, au trafic en temps réel, aux horaires de transports publics ou encore à la qualité de l’air. 70% des smart cities françaises ont ainsi lancé un service basé sur l’open data.

 

Autre tendance clé : les plateformes participatives, sous toutes leurs formes, qui permettent de donner la parole aux citoyens sur des problématiques collectives. L’idée initiale étant que la pérennité et l’efficacité de la ville intelligente dépendent en grande partie de l’implication des citoyens dans la définition de ses grandes lignes directrices.

 

Les dispositifs de smart grid (réseaux électriques intelligents) commencent également à faire leurs preuves dans plus de la moitié des villes intelligentes françaises. Le compteur intelligent Linky, déployé dans de nombreuses communes – on en compte aujourd’hui 1,5 millions sur l’ensemble du territoire – permet ainsi de favoriser les économies d’énergie, grâce à un meilleur pilotage de la consommation électrique de chaque foyer équipé.

 

A cela s’ajoute les éco-quartiers et les éco-constructions, le wifi linéaire public, l’e-administration… qui participent tous de la même volonté de transformer durablement le paysage urbain pour en faire des lieux de vie adaptés aux défis du 21ème siècle.

 

Une étude publiée par France urbaine, en collaboration avec Vivapolis et le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, rappelle qu’il « n’existe pas de modèle de la ville intelligente, chaque ville développant ses projets en fonction du contexte local, de ses besoins, de ses priorités, de ses ressources et surtout de la vision qu’elle a de son devenir ».

 

 

[1] Source : Journal Du Net – 11/2016

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