A l’ère du tout numérique, l’urgence et l’immédiateté qu’impliquent les métiers du digital aujourd’hui, et les flux continus d’informations, ajoutés au nombre considérable de mails reçus chaque jour, contraignent les salariés à dégager du temps de travail pendant leurs vacances. Mais, si l’on aborde la question de la mobilité, quelles problématiques technologiques découlent de cette situation ?

Les métiers du numérique : nouvelles formes de travail et opportunités d’innovation

Avec l’utilisation du numérique, désormais incontournable, les modes de travail évoluent. Les salariés sont de plus en plus connectés en dehors des heures de bureau et la frontière entre vie professionnelle et personnelle est ténue.

Par conséquent, nombreux sont ceux qui, en vacances, ne déconnectent pas de leur travail. Smartphones et PC portables aidant, 90 % consulteraient régulièrement leurs mails professionnels durant ces périodes, d’après une étude réalisée pour TripAdvisor[1]. Ils déclarent également le faire d’eux-mêmes, sans sollicitation particulière de leur employeur.

La plupart des salariés, qui ne se détachent pas complètement de leur travail, estiment ne pas passer de moins bonnes vacances pour autant. Selon eux, il s’agit de faire un premier tri des nombreux mails reçus pour mieux appréhender la rentrée. D’après l’étude de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse)[2], un tiers des salariés consulteraient leurs mails car près d’une centaine seraient reçus quotidiennement.

Si les nouvelles technologies offrent aux salariés plus de flexibilité et d’autonomie, ces nouveaux formats de métiers les poussent à s’organiser. En effet, dans l’ère de l’urgence et de l’immédiateté, ceux qui interrompent, perdent pied s’ils doivent tout rattraper. Ils doivent sans cesse gérer un flux d’informations ininterrompu, avoir une réactivité sans faille et ainsi accroître leur rythme de travail.

Pour bon nombre de salariés, consacrer quelques heures de ses vacances à maintenir  son travail à jour, n’est pas mauvais pour la santé et leur permet de ne pas être complètement « largués » à leur retour.

Résoudre la question d’accessibilité et de sécurité liée à la mobilité

Les nouvelles formes d’organisation du travail, en particulier celles relatives au nouveau cadre spatio-temporel de travail, inhabituel pour ce qui est du lieu, de la durée et des technologies utilisées, peuvent être à l’origine du remodelage des frontières qui définissent l’espace-temps professionnel et l’espace-temps privé.

Cette nouvelle conception du travail devrait fatalement aller dans le sens d’une plus grande liberté organisationnelle des salariés et permettrait l’introduction de temps dits « non contraints », dépassant l’encadrement légal du temps de travail.

Pour preuve, la mobilité professionnelle impose de nouvelles pratiques et une nouvelle organisation pour impulser le processus d’innovation et permettre aux salariés d’être plus indépendants durant leurs temps libres. Des transformations techniques et technologiques sont nécessaires.

Travailler quelques heures pendant les vacances favorise parfois une meilleure gestion de l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle. Néanmoins, bon nombre de DSI sont réticentes, car qui dit travail à distance, dit ouverture du SI et des applications, fichiers, réseaux internes de l’entreprise, ce qui engendre des problématiques de sécurité et d’infrastructure mais également de matériels, ordinateurs et smartphones constituant l’équipement de base des salariés travaillant hors de chez eux.

Pour s’adapter à cette tendance, les entreprises doivent faire évoluer leurs SI : migration du Cloud, stockage et protection des données, sécurisation des réseaux, optimisation de la gestion des licences logicielles. Un changement qui représente aujourd’hui, une réelle opportunité technologique.

Sécurité et nomadisme : une nécessaire élaboration d’un accès à distance

Ainsi, souhaiter travailler depuis son ordinateur personnel en se connectant à distance sur le système d’information de l’entreprise n’est pas condamnable à première vue, mais peut néanmoins comporter des risques. La plupart des salariés se sont déjà demandés si cette connexion n’allait pas se conclure par la propagation éventuelle d’un ransomware. De quoi leur coûter un blâme ou pire, un licenciement… alors que tout partait d’une bonne intention.

En effet, le nomadisme peut parfois représenter un danger potentiel pour l’intégrité de l’ensemble de l’entreprise. Alors que grand nombre d’organisations dans le monde souhaitent encourager leurs salariés à travailler à distance et se sentent donc concernées par les enjeux sécuritaires.

Aujourd’hui, les entreprises n’imposent pas un modèle de devices à leurs employés et le plus souvent les applications d’entreprises sont directement intégrées dans leurs smartphones. Durant leurs congés, il leur est donc possible de se connecter à un environnement de travail distant via un portail web. La DSI s’engage donc à renforcer l’authentification des profils d’employés. En effet, si le DG souhaite se connecter à distance, il n’utilisera pas les mêmes applications que le DAF, par exemple. L’authentification est ajustée et renforcée en fonction de la criticité de la personne qui se connecte.

La mobilité du lieu et l’appareil utilisé par le salarié à distance déterminent aussi le niveau d’authentification. Si un employé se connecte en France avec un téléphone corporate, l’authentification sera classique, mais s’il se connecte de l’étranger avec une machine non identifiée, l’authentification sera forte. Si cet employé a généralement accès aux applications A, B et C, et si sa criticité est élevée, la DSI le laissera se connecter à l’application A uniquement ou B, ou C, selon les cas de figure. L’authentification peut donc être ajustée en fonction de nombreux critères.

De ce fait, lors du contrôle d’accès, la DSI doit vérifier l’état de conformité de l’appareil utilisé, la mobilité et la criticité du profil pour préserver le datacenter d’éventuels ransomwares tout en permettant aux salariés d’être libres de travailler à distance.

 

 

[1]           Étude réalisée en 2011 pour TripAdvisor, auprès de 10 115 européens, dont 881 Français

[2]          Étude réalisée en 2011 par l’Orse

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