Le système éducatif attend beaucoup des outils numériques et de leur capacité à favoriser une école plus efficiente et plus équitable. Tous les collèges français devraient être dotés d’équipements numériques mobiles d’ici 2018. La question reste toutefois de savoir comment cette évolution vers l’école numérique va et doit transformer les pratiques, afin de donner aux outils leur plein potentiel d’égalité.

Les promesses du plan numérique pour l’école

Annoncé en mai 2015, le plan gouvernemental pour l’école numérique vise à développer l’usage des outils digitaux au sein des établissements scolaires, afin de favoriser l’efficacité et l’équité du système éducatif. Il part en effet de l’idée selon laquelle, « en donnant accès à tous les élèves, quel que soit leur lieu de vie ou leur origine sociale, à des informations variées et des ressources culturelles et pédagogiques de qualité, et en permettant l’adaptation de l’enseignement aux besoins et aux rythmes de chacun, le numérique pourrait être un facteur important de réduction des inégalités et d’inclusion scolaire[1] ».

Utilisation d’Internet comme outil d’apprentissage, tutorat et soutien scolaire en ligne, utilisation de ressources interactives en classe, stimulation de la créativité et de l’autonomie des élèves… : le potentiel éducatif et pédagogique du numérique semble en effet prometteur. Dotés des mêmes ressources et formés aux mêmes usages, les élèves bénéficieraient ainsi d’un enseignement et d’un apprentissage plus égalitaires.

Ecole numérique : révolution des pratiques éducatives et opportunités technologiques

Mais les outils seuls ne suffisent pas. Le véritable défi réside dans la capacité des institutions et des enseignants à transformer les pratiques pédagogiques. Il s’agit notamment d’adapter les programmes et les méthodes d’évaluation, mais aussi de former les enseignants aux usages numériques. Au-delà des tablettes, des ordinateurs, et des différentes plateformes digitales disponibles en ligne, on parle aussi de TNI (Tableau Numérique Interactif) ou encore d’ENT (Espace Numérique de Travail), qui sont autant d’opportunités de restructurer les enseignements, en exploitant de nouveaux types de ressources.

Mais l’usage des données numériques pourrait aller bien plus loin. En utilisant des outils et des services digitaux, les élèves fournissent aussi potentiellement une mine d’informations sur leur progrès, leurs lacunes, leurs difficultés et leurs besoins. C’est le Big Data à l’école ! Ces données statistiques permettraient aux enseignants de mieux identifier les besoins de chacun de leurs élèves et de davantage individualiser leur enseignement et leur démarche d’accompagnement. Et de réduire ainsi les décrochages scolaires.

Réunir toutes les conditions du succès

Comme le Ministère de l’Education le rappelle toutefois, le succès de l’école numérique « s’appuie sur la mobilisation coordonnée des différents acteurs pour mettre en place les conditions optimales d’un développement harmonieux et efficace des usages, des ressources, des équipements, des infrastructures. »

Car derrière les outils et les services, c’est l’ensemble des infrastructures techniques qui doivent être adaptées, afin de pouvoir garantir la disponibilité des ressources. La généralisation de l’accès à l’Internet Haut Débit constitue, par exemple, un premier défi, pour les établissements eux-mêmes mais aussi à l’échelle des territoires, en particulier en zone isolée. Les questions de la maintenance des parcs matériels doit également se poser, de même que celle de la gestion des infrastructures (serveurs, réseaux, base de données, etc.) et des différentes plateformes de services. Ce n’est que par cette approche holistique que le numérique pourra effectivement transformer l’école et en faire un vivier d’égalité.

[1] Source : Direction du Numérique pour l’Education (DNE)

 

Partagez cet articleShare on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn24Email this to someone
Recevez par mail les articles et actualités AuCoeurdesInfrasJe m'inscris à la newsletter