La loi de modernisation de notre système de santé modifie sensiblement la donne au regard des marchés publics de fourniture et de services informatiques. Les établissements pivots des futurs GHT reçoivent la charge de piloter une politique de gestion mutualisée. Pour accompagner cette transition, le groupement d’intérêt public Resah développe une offre globale nationale orientée vers les usages des utilisateurs finaux.

SCC France est le partenaire intégrateur sélectionné au titre du marché de matériel informatique. Avec le constructeur Dell, le Resah et SCC animent des workshops, en complément des marchés, à destination des adhérents soucieux d’embrasser tous les enjeux de cette modernisation.

Pour en savoir plus, rencontre avec Delphine Janin, responsable du département d’appui à la diffusion des offres au Resah, Emmanuel Canes, responsable commercial France des marchés de la santé chez Dell et Jacqueline Marie Bianne, responsable business unit santé chez SCC. 

Quel regard portez-vous sur l’évolution des marchés informatiques hospitaliers dans le cadre de la réforme santé en cours ?

Emmanuel Canes (Dell) – C’est une transformation de fond, qui est bien loin de n’impacter que les logiques d’achat.  L’établissement pivot devra à terme gérer son propre parc informatique et celui de ses membres, comme une structure gère plusieurs bâtiments d’une même organisation.
C’est pourquoi une politique d’achat maîtrisée sous-tend la mise en œuvre d’une large palette de projets d’industrialisation de gestion du parc et de convergence de l’information, à laquelle sont tenus les GHT.

Jacqueline Marie Bianne (SCC) –  Si l’on n’observe pas encore d’opération de convergence majeure, les GHT sont déjà en cours d’élaboration de leur schéma directeur, dont une des finalités prioritaires est cette convergence des systèmes d’information. Pour être prêt en 2017, il faut servir cette convergence des SI avec un marché performant à plusieurs points de vue. Budgétaire, évidemment mais également au regard du ressenti utilisateur. L’approche qu’il faut adopter est infiniment plus orientée projet que produit. 

Delphine Janin (Resah) – Il est indispensable de coller à l’esprit de la loi santé. La convergence des systèmes d’information est un support au projet médical partagé. Cette convergence implique bien entendu une mutualisation qui doit toutefois prendre en compte la diversité des situations.   Ceci exige donc que l’offre proposée soit souple et agile, capable de la plus grande spécificité tout en contribuant à l’effort budgétaire que le secteur de la santé est appelé à réaliser.

Qu’est-ce qui distingue votre approche de celles des autres ?

D.J. – Le Resah est très attentif à la qualité des marchés qu’il passe pour les besoins des établissements, et à leur capacité à répondre avec une granularité extrêmement fine aux besoins spécifiques du secteur de la santé. Nos cahiers des charges sont conçus en lien avec des DSI issus d’établissements de taille et d’activités différentes. Ils garantissent une réponse la plus exacte aux besoins exprimés.

Nous attachons une importance toute particulière au suivi d’exécution des contrats conclus à travers le département de diffusion de l’offre en lien avec les acheteurs et les prescripteurs.

E.C. – Il n’existe en France que trois centrales d’achat capables d’adresser les hôpitaux. L’informatique dans le cadre de la loi de modernisation santé étant éminemment stratégique, les établissements pivots sont tenus de privilégier l’une d’entre-elles.

Là où les autres centrales apportent peu de références, autour d’une solution supposée couvrir tous les usages et une massification des besoins à des fins d’économies d’échelle, nous avons orienté notre offre sur l’ergonomie de l’utilisateur, car nous savons qu’une machine capable de répondre à tout n’existe tout simplement pas. 

J.M.B. – SCC est très présente sur le secteur de la santé avec une offre multi-constructeurs étoffée et compétitive. Avec le Resah et Dell, nous privilégions en outre une offre orientée utilisateur que l’on ne retrouve effectivement pas ailleurs. Acheter de façon intelligente suppose de savoir à quoi s’attendre. C’est tout l’objet de ces workshops auxquels participent des soignants, des cadres de santé, bref, les futurs utilisateurs du dispositif.

Concrètement, qu’aborde-t-on dans ces workshops ?

E.C. – Pour ce premier workshop, nous avons voulu parcourir un maximum d’usages, avec le soin en focus, pour lequel nous prévoyons déjà des ateliers particuliers tant le sujet est riche. Trois cas d’usages ont d’ores et déjà été traduits en fiche conseil et enjeux à destination des établissements de santé : la gestion des postes fixes, les personnels soignants mobiles et les services bio-médicaux.

 

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J.M.B. – Par exemple, les pratiques sur le terrain laissent apparaître un faible usage de la tablette, compte tenu des problématiques de compatibilité des applicatifs dans le monde de la santé. Le chariot, quant à lui, évidemment toujours très présent, appelle également des spécificités d’usage, selon les lieux et les fonctions. Blocs, laboratoires, imagerie, ont chacun leurs exigences. A ce titre, un des grands intérêts de travailler en direct avec les métiers est de pouvoir opérer de nouveaux projets en tenant compte de leurs contraintes avec une grande précision.  

E.C. – Il n’y a évidemment pas que l’ergonomie du matériel qui est traitée. Il y a la manière dont le dispositif est administré au sein du GHT, la façon dont on valorise un parc existant basé sur un cycle de renouvellement, la gestion des garanties… Notre raisonnement dépasse le produit pour se concentrer sur une logique de gestion de parc.

Ces workshops sont également l’occasion de rester à jour de de l’actualité des marchés du device et ses grands enjeux de migration, de virtualisation et de gestion de leur industrialisation.

D.J. – Les deux cadres de santé des centres hospitaliers d’Aulnay et de Saint Denis ont apporté leur éclairage sur les aspects métiers et leurs enjeux en matière de bureautique. De leurs côtés, les responsables postes de travail ont apprécié l’approche projet de gestion et de performance. Ces deux établissements membres d’un GHT, et dont l’un est établissement pivot, sont engagés dans une coopération très avancée. Leurs regards ont permis de disposer d’une plus grande typologie d’utilisateurs et de renforcer les schémas proposés.

E.C. – C’est un travail de fond, itératif, qui repose sur de la co-construction, au bénéfice des futurs groupements hospitaliers de territoire. C’est un indispensable, pour ne pas tomber dans les ornières de la stricte logique financière de l’achat. La machine la moins chère n’est pas forcément celle qui coûte le moins cher. Un point à méditer à l’occasion du prochain workshop au Resah !

 

 

 

 

 

 

 

 

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