Longtemps un « mythe » soumis à de nombreux revirements, le Dossier Médical Partagé (DMP) se concrétise et se déploie aujourd’hui progressivement sous l’impulsion de l’Assurance Maladie. De là à devenir aussi populaire que la carte vitale, il reste cependant plus d’un pas à franchir, au-delà de la vaste campagne de sensibilisation dont il fait l’objet depuis novembre 2018. Question de coordination, d’interopérabilité et… de confiance numérique.

 

Amélioration et rationalisation des soins

Gratuit, confidentiel et sécurisé, le DMP s’apparente à un « coffre-fort informatique » qui recense et archive l’ensemble des informations médicales relatives aux traitements, aux résultats d’examens et aux pathologies… L’enjeu est double : améliorer la prise en charge des patients et permettre à la sécurité sociale de rationaliser les soins en limitant les actes inutiles ou redondants. Facultatif, il est aujourd’hui accessible à quiconque bénéficie d’un régime de sécurité sociale, directement sur le site (www.dmp.fr), depuis l’accueil des caisses de sécurité sociale, dans une pharmacie ou auprès d’un professionnel de santé équipé d’un logiciel compatible. Initié en 2004, leDMP a connu un parcours chaotique et a fait son entrée officielle dans le paysage médical le 6 novembre 2018 après 15 années d’expérimentations et d’hésitations. Six mois plus tard, près de 5 millions de Français avaient créé leur carnet de santé numérique, une démarche encouragée par l’Assurance Maladie qui entend bien convaincre 40 millions d’usagers d’ici 2023.

 

Un enjeu d’interopérabilité et de sécurité

La numérisation et la centralisation des données visent à simplifier la coordination des soins, l’accès et la mise à jour en temps réel des informations. Un partage et une synchronisation entre les patients et les professionnels de santé qui s’avèrent d’autant plus précieux en cas d’urgence ou de pathologie chronique. Cela suppose à la fois une interopérabilité des logiciels métiers utilisés par les professionnels de santé et la capacité de ces derniers à alimenter le DMP régulièrement. A ce jour, 69% des logiciels exploités par les médecins libéraux sont « DMP compatibles ». Par ailleurs, l’accès au DMP passe par la Carte de Professionnel de Santé (CPS) qui constitue un instrument essentiel du dispositif de sécurité des SI de santé. Or la CPS n’est pas systématique, notamment au sein des établissements hospitaliers. Du côté du patient, le DMP soit pouvoir garantir un très haut niveau de sécurité (et de stockage) des données de santé et un strict respect de leur confidentialité.

 

Vers un espace numérique de santé  

Argument longtemps avancé, le manque de confiance dans la sécurité des données sensibles ne concerne cependant que 13 % des répondants, bien après le manque d’informations (20 %). Près de 87 % des Français se disent intéressés par la création de leur DMP, une fois les fonctionnalités connues et reconnues (1). Le partage des données dans un mode plus collaboratif fait en effet du DMP un nouvel outil au service de l’e-santé et au profit d’un dialogue renforcé entre le patient et le médecin. D’un côté, les professionnels de santé s’approprient et encouragent l’usage des solutions digitales ; de l’autre, les citoyens-patients deviennent acteurs à part entière de leur propre santé (2).  Avec un enjeu commun : une meilleure prise en charge globale. Plus largement, le développement de l’e-santé dépend d’une régulation concertée entre les patients, les médecins et les autorités de santé. Il repose aussi sur les innovations des acteurs du numérique et sur leur capacité à décloisonner les outils dans un cadre d’interopérabilité renforcé et au sein d’un espace numérique de santé toujours plus personnalisé et sécurisé.

 

 

(1) Enquête réalisée par B3TSI (avril 2019)

(2) Source : Ipsos (juin 2018)

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