Le BIM fait une entrée remarquée dans la sphère publique sous l’impulsion de l’Europe et des exigences de développement durable et d’économies des ressources. En tant que process, les technologies de Building Information Modeling s’apprêtent à remodeler en profondeur la façon dont nous concevrons les territoires de demain.

 

Le besoin d’abord, le logiciel ensuite

Pour un acteur public, se lancer dans la gestion et l’exploitation de patrimoine signifie évidemment avoir accès aux données qui concerne ledit bâti. Le BIM doit à terme faire disparaître les archives poussiéreuses stockées au fond des placards pour les remplacer par des  « jumeaux numériques », sorte d’avatars des bâtiments, en 3D ou non. L’essentiel étant pour le maître d’ouvrage de disposer de toute l’information inhérente aux équipements et de pouvoir la faire vivre sur tout le cycle de vie de l’ouvrage.

Mais il appartient moins aux collectivités de s’équiper en BIM que d’en comprendre le processus et de l’introduire dans leurs pratiques. La problématique couramment rencontrée par le secteur public est de n’avoir pas véritablement défini le besoin auquel la technologie doit répondre. L’éventail de solutions existantes est particulièrement riche dans ce domaine. Un architecte n’aura pas les mêmes attentes qu’un gestionnaire, lequel trouvera son bonheur dans une interface web légère et des tableaux de bords susceptibles d’être couplés avec une solution de GMAO par exemple. « Il faut éviter de mettre la charrue avant les bœufs. Pour conduire correctement son projet de BIM, cela commence par une bonne organisation, de la structuration de donnée, éventuellement un accompagnement pour y parvenir et ce n’est qu’après qu’interviendra le choix du ou des logiciels » conseille Eric Percheron, ingénieur commercial pour Autodesk. 

 

Le BIM en tant qu’inspiration au changement

Il n’est pas concevable d’imposer un logiciel ou un autre dans un secteur aussi atomisé que celui de la construction. C’est d’ailleurs pour cela que le maître d’ouvrage devra surtout exiger des entreprises intervenantes qu’elles remettent in fine un modèle cohérent, comportant les informations en entrée qui serviront ensuite à l’exploitation et à l’entretien, et ce dans un format neutre, ouvert, pour éviter tout enfermement propriétaire ou la défaillance d’un éditeur.

Mais attention, « le BIM demande beaucoup d’adaptation de la part des utilisateurs » remarque Gwénael Bachelot, responsable avant vente AEC Europe du sud chez Autodesk. « Ils doivent revoir leur manière de travailler, leurs outils, jusqu’à leur organisation au quotidien. Il y a une conduite du changement à mettre en place très certainement et ce sera plus compliqué qu’il y a 30 ans quand le secteur est passé à la planche à dessin électronique ! » La marche est donc plus haute à monter et nécessite l’aval de la direction et son sponsoring, côté sphère privée comme secteur public. Le BIM contraint en outre les acteurs de la construction à travailler ensemble, ce qui représente une avancée indéniable dans un secteur peu porté sur la communication entre les parties et un progrès indispensable pour construire la ville de demain.

 

L’algorithme durable

La ville de demain, la ville intelligente, la ville verte aussi, sera sans aucun doute conçue en BIM. Ne serait-ce que parce qu’elle nécessitera d’être gérée avec plus de finesse qu’on ne le fait aujourd’hui, avec à l’appui, des données d’une extrême précision, de l’emplacement des feux de circulation aux entrées des immeubles en passant par l’éclairage public…, d’où la très grande importance de collaborer en suffisance pour maintenir l’état de l’information à jour.

Mais ce ne sont que les prémices de la ville du futur. Les technologies comme l’IoT œuvrent déjà à d’autres possibilités, offrant de piloter un bâtiment ou un espace en interaction complète avec son modèle numérique. Mais encore, le BIM World 2019 a largement mis l’accent sur l’économie circulaire et la construction durable. La technologie permettra ainsi de concevoir un bâtiment avec pour objectif le réemploi et la revalorisation des matériaux utilisés pour sa construction.

Le secteur public a tout à gagner en s’emparant des technologies de BIM parce qu’elles sont le socle d’un urbanisme et d’un aménagement raisonnés et créatifs. « Nous avons déjà organisé l’interopérabilité entre notre collection AEC Autodesk et les systèmes d’information géographique utilisés par les collectivités et les services publics. A court et moyen terme, nos solutions de BIM accueilleront en outre de plus en plus d’intelligence artificielle. La conception de la ville du futur profitera des capacités incroyables du cloud et du machine learning pour construire en cohérence avec nos besoins et ceux de la planète » concluent Eric Percheron et Gwénael Bachelot.

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