Difficile pour une collectivité et les établissements scolaires dans son périmètre de se sentir sur la bonne voie quand il s’agit du numérique. Certes, le plan numérique pour l’éducation pilote un accompagnement, mais sur le terrain, beaucoup de questions restent encore sans réponse. Alors, cet EIM ? J’y vais ou j’y vais pas ?

L’EIM, j’y vais mais j’ai peur…

Quand le grand chantier de l’école numérique a été lancé, il faut bien reconnaître qu’aucun acteur, privé comme public, ne connaissait avec précision le chemin à prendre. Chacun dans l’expectative, les uns s’inquiétaient des financements disponibles quand les autres s’interrogeaient sur la réalité des besoins.

Les premiers collèges pilotes ont fait remonter l’étendue du marasme. Une infrastructure inexistante, des inquiétudes encore très présentes au sujet du wifi, une méconnaissance des matériaux numériques disponibles… et pour cause, les éditeurs eux-mêmes se sont trouvés pris de court. Quant aux prix des équipements individuels mobiles, ils n’étaient pas faits pour rassurer, compte tenu du petit nombre d’appareils demandé à l’époque.

En parallèle, naturellement, les premiers retours se sont faits mitigés et certains appelaient à faire machine arrière. Mais l’enthousiasme et l’énergie avec lesquels, progressivement, chaque écueil fut dépassé, ont porté leurs fruits. C’est aussi à ça que sert un projet pilote, avant déploiement. Tâter le terrain, fourbir ses armes, adapter sa stratégie et apporter une ou plusieurs réponses adaptées à la situation donnée.

Aujourd’hui, à quelques mois de la 3ème phase du plan, tous les acteurs ont une vision plus claire du processus et les premières expériences ont permis de corriger les trajectoires. Les collectivités territoriales rénovent leurs infrastructures réseaux. Les contenus pédagogiques numériques sont désormais présentés dans une large gamme disponible, toutes plateformes (suffisamment solides et mâtures) confondues, et les enseignants s’approprient les équipements et les usages qui en découlent. Les EIM (équipement individuel mobile) aussi profitent du déploiement, grâce aux économies d’échelle réalisées, qui permettent d’obtenir des tarifs cohérents vis-à-vis des enveloppes de subventions.

L’EIM, j’y vais, mais bien accompagné !

Bref, chacun prend du galon et tire des leçons de l’expérience. C’est également vrai des entreprises du numérique, en charge de proposer aux collèges les solutions ad hoc.

Chez VMware AirWatch, le spécialiste de la gestion des terminaux mobiles, on connaît bien les problématiques récurrentes liées à l’équipement des établissements scolaires. Brice Mauclaire, responsable réseaux partenaires France précise : “ Nous maîtrisons toutes les technologies qui seront à l’œuvre demain dans l’éducation nationale. Mais seule l’expérience de terrain a permis de dégager l’importance de la coordination projet / compétences.

De quoi s’agit-il ? Concrètement, il faut impérativement trouver un équilibre entre les capacités de l’équipement mobile, sa gestion et son utilisation en classe. Or, pour une flotte d’EIM, plusieurs acteurs, comme le rectorat, la collectivité et le corps enseignant, sont concernés. En d’autres termes, il va falloir se parler et déterminer qui fait quoi.

Car, pour un établissement donné, sait-on avec précision qui donnera son accord pour l’utilisation d’un nouveau contenu ? Qui en fera la demande et dans quelles conditions ? Les contenus gratuits doivent-ils suivre le même formalisme que les contenus payants et par ailleurs quid des validations de sécurité ?

Pour Brice Mauclaire, répondre à ces questions est un préalable pour tout projet qui se veut pérenne : “Toutes les interactions avec l’équipement mobile sont possibles, avec le tableau interactif, avec la vidéo projection, et tout type de contenus. Une solution de gestion de flottes mobiles garantit des logiciels à jour et rend les administrateurs autonomes sur l’inventaire des matériels et la gestion des profils de sécurité. Mais encore faut-il savoir qui sera l’administrateur ! »

En effet, les rôles doivent être suffisamment définis pour ne pas bloquer l’évolution d’une flotte et provoquer des frustrations à l’usage. Afin de ne pas tomber dans les mêmes écueils de fonctionnement et d’organisation des entreprises traditionnelles, l’idéal serait d’offrir aux enseignants une autonomie suffisante sur les EIM, au moins sur le périmètre du logiciel de classe et donc de son contenu. Une autonomie qui passerait par exemple par la création de classes virtuelles, autorisant la gestion des accès aux sites web et aux applications, tout en gardant la maîtrise de l’affichage du contenu utile voire de l’écran noir quand il faut retrouver toute l’attention de la classe.

Alors, quand on vous dit EIM, pensez-vous à la gouvernance de projet ?

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